06 janvier 2006

Les Français retournent dans les magasins de meubles [ 05/01/06 ]

La rédaction web des Echos - 5 janvier 2006

L'achat de meuble n'est plus seulement « patrimonial ». « Il devient de plus en plus un achat plaisir », estime Henri Griffon, le président des Industries françaises de l'ameublement (IFA), alors que s'ouvre aujourd'hui le Salon du meuble de Paris. Certes, le meuble représente moins de 1 % du budget des ménages et il appartient encore à « un univers de non-mode puisqu'on change de canapé tous les quinze ans et de cuisine tous les vingt ans en moyenne », rappelle Gérard Laizé, qui dirige le VIA (Valorisation de l'innovation dans l'ameublement).

Les Français ont néanmoins repris le chemin depuis deux ans des magasins d'ameublement, Conforama, Ikea et But en tête. Après une hausse de 3,1 % en 2004, la consommation a progressé de 2,5 % en 2005, pour atteindre 8,8 milliards d'euros. L'an dernier, 7 millions de ménages - soit près d'un sur trois - ont ainsi dépensé en moyenne 1.160 euros pour l'achat d'au moins un meuble. Et les professionnels misent sur une nouvelle augmentation du marché en 2006, de 3 %.

Les cuisinistes se frottent les mains. Ce sont les meubles de cuisine qui ont enregistré la plus forte hausse de ventes en 2005 (+ 5,6 %). Ils bénéficient de la hausse significative des mises en chantier de logements et du maintien de la TVA à 5,5 %. Les meubles de jardin, de plus en plus utilisés à l'intérieur comme dehors, ont aussi tiré leur épingle du jeu.

Les meubles meublants et les sièges souffrent davantage, reconnaît-on à l'IFA. Par ailleurs, la hausse globale du marché ne profite pas spécialement aux fabricants français, en dehors des cuisinistes. La balance commerciale du secteur s'est encore dégradée l'an dernier, sous la poussée des importations de Chine et d'Europe de l'Est. Les industriels français sont en partie responsables : ils rapatrient en effet une partie des produits qu'ils font fabriquer en dehors de l'Hexagone, en Roumanie principalement. La France reste « un pays d'assemblage et de finition de meubles, mais l'usinage peut être délocalisé dans les pays de l'Est », reconnaît Henri Griffon. Les emplois sur le sol français reculent ainsi depuis deux ans. Ils sont passés de 108.000 en 2003 à 99.000 à 2004.


Design et adaptation de l'offre

En parallèle à cette recherche de compétitivité, la profession travaille sur le design et l'adaptation de l'offre. A partir de cette année, elle peut s'appuyer sur le dispositif du crédit d'impôt « création ». De nombreuses évolutions restent à prendre en compte : la population grandit et s'alourdit, la durée de vie s'allonge, les familles se recomposent... Le confort et l'usage du meuble doivent surtout revenir au centre des préoccupations. « Pourquoi réglerait-on son siège en voiture, dans l'avion ou au bureau et pas dans la maison ? » lance ainsi Patrick Renaud, le président de la COSP, organisatrice du Salon. Gérard Laizé voit d'ailleurs s'installer trois grandes tendances : l'intégration de technologies pour améliorer le confort ainsi que le développement de l'ornementation et du naturel, comme dans la mode.

NADINE BAYLE


Posté par justinesabrina à 09:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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